Corrigé

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Proposition de plan (inspiré des annales)

I. Les caractéristiques du jardin : le jardin comme inscription de la civilisation dans la nature.

1. les origines du jardin
- datation difficile (doc 1, 3)
- une origine liée au sacré, à la religion (origine biblique, lieu dédié aux divinités) (doc 1, 2, 3, 4)

2. un espace clos où l'artificiel imite le naturel
- un lieu artificiel qui se veut une représentation du paysage naturel # nature libre, nécessite une maîtrise des techniques (doc 1, 3, 4)
- Un espace clos où se retrouvent les éléments de la nature : minéraux, végétaux, animaux, eau (doc 1, 2, 3, 4)

3. les différents types de jardins
- jardin " à la française ", jardin " à l'anglaise " (doc 1, 2, 3)
- lieu ouvert, lieu fermé ? (doc 1#2)
- parc, jardin public ou jardin de particuliers. ( doc 2, 3, 4)

II. Les fonctions du jardin

1. un lieu de loisir
- un lieu paradoxalement destiné au " luxe ", au plaisir, non à l'alimentation (doc 1, 2, 3, 4)
- un lieu de fête (doc 1, 2)

2. une fonction pédagogique
- faire aimer et comprendre la nature (doc 3)
- une représentation du monde ( doc 1, 2, 3)
- lieu de mémoire, de culture, témoin d'une époque, d'une civilisation ( doc 2, 3)

3. une fonction esthétique
- un sujet d'inspiration artistique (doc 2, 3)
- une œuvre d'art à part entière : une forme d'expression artistique (doc 1, 2, 3, 4)

Synthèse rédigée

[introduction + première partie + conclusion partielle]
Pour la correction de la deuxième partie, j'ai proposé aux étudiants un extrait d'un devoir de leur camarade (avec sa permission) qui était d'assez bonne qualité mais qui comportait également des maladresses . L'intérêt était de leur présenter une correction non idéalisée de ce qui est réalisable en temps limité afin de faire face à leur scepticisme et de leur rendre confiance. D'autre part, cela leur a permis d'exercer leur esprit critique et de réévaluer ainsi leur propre devoir.

[introduction]
Le jardin est un lieu symbolique privilégié dans toutes les civilisations.c'est sur ce thème que se porte la réflexion des auteurs du dossier. Celle-ci est alimentée par deux textes théoriques. Le premier de l'historien Pierre Grimal est extrait de L'Encyclopaedia universalis. Le second, issu de l'ouvrage Dans les jardins de Roberto Burle-Marx, paru en 1994, reproduit un entretien entre le sociologue P.Leenhardt et l'architecte paysagiste brésilien R. Burle-Marx. A ces documents s'ajoute un poème du XIXème siècle, " Sur trois marches de marbre rose ", extrait du recueil Poésies nouvelles, dans lequel Alfred de Musset offre un regard ironique sur le parc de Versailles. Enfin, le dossier propose un dessin humoristique de Pessin, publié dans Le Monde en 1997 pour illustrer un article intitulé " l'art des jardins et le Paradis perdu ".
La lecture du dossier soulève la question suivante : comment définir le jardin ?
Pour répondre à cela, il faudra d'abord s'intéresser aux caractéristiques du jardin en tant qu'inscription de la civilisation dans la nature et pour s'attarder ensuite sur ses fonctions au sein d'une société.

[développement]
La réflexion sur le concept du jardin ne peut se faire sans s'interroger sur son origine et sur ce qui fait sa spécificité.
Si l'on s'en tient à une étude purement historique, on peut faire remonter l'apparition des premiers jardins à la période néolithique, en Mésopotamie, 7000 ans avant notre ère (Grimal et Burle-Marx). Cependant, il est impossible de séparer l'origine des jardins du sacré. En effet, dans la tradition occidentale, on attribue au jardin une origine biblique, le premier jardin serait le Paradis, œuvre de Dieu comme le souligne le paysagiste brésilien dans le troisième document. Cette référence est également présente dans le poème à travers les personnages d'Adam et d'Eve, et dans le dessin à travers les paroles des personnages qui évoquent le fruit défendu du jardin d'Eden. D'autre part, l'Encyclopaedia universalis rappelle que les jardins antiques étaient conçus pour rendre hommage aux divinités.
Par ailleurs, la création d'un jardin nécessite la maîtrise des techniques, il est selon Burle-Marx une transformation de la nature. C'est donc le développement de l'agriculture qui en a favorisé l'apparition. Le fait de pouvoir limiter l'évaporation de l'eau, par exemple, a permis de cultiver certaines plantes ainsi que l'affirme P.Grimal. Burle-Marx le rejoint sur ce point : les jardins seraient nés lorsque les sociétés préhistoriques ont pu accéder à une économie productive, lorsque grâce à la sédentarisation, et par suite au développement de l'agriculture, les hommes ont élaboré des techniques artisanales ayant atteint un certain niveau de technicité. Ce lien nécessaire à la technique, à l'agriculture est également mis en évidence dans le jardin de Pessin qui est optimisé par l'utilisation d'un pesticide. Pourtant, le jardin se définie comme un espace dans lequel cohabitent les règnes végétal, minéral et animal, auxquels font abondamment référence les vers de Musset, et qui se retrouvent partiellement dans l'illustration de l'article du Monde. A ces composantes s'ajoute un élément : l'eau, celle des bassins de Versailles et celle dont parle Pierre Grimal, qui confirme dans son article la juxtaposition des différents règnes au sein du jardin. Ainsi, d'après Pierre Grimal et Burle-Marx, le jardin est paradoxalement un lieu artificiel qui se veut une représentation d'un paysage naturel, " spontané ", malgré l'intervention de l'homme.
De cette tension entre le naturel et l'artificiel naissent les divers types de jardins. Le premier document distingue le jardin dit " à la française ", construit, ordonné, dont se moque Musset dans sa critique de Versailles et le jardin dit " à l'anglaise " qui tente, lui, de reproduire la spontanéité de la nature. Quant au troisième document, il insiste sur le fait que chaque époque connaît un style de jardin qui lui est propre. Mais, au-delà de ces aspects, le jardin peut également se définir par l'espace occupé. Ainsi, on trouve des points de vue divergents dans les quatre documents du dossier. Pour Pierre Grimal, le jardin est un espace clos alors que Burle-Marx associe le jardin à un paysage construit par opposition à un paysage spontané, il inclut par conséquent le jardin, le parc, illustré dans " Sur trois marches de marbre rose " par Versailles, mais aussi des lieux ouverts. En revanche, aucun des deux auteurs n'insiste sur la différence entre lieu public ou privé. Il semble, toutefois, après l'analyse des paroles des personnages, que le jardin dessiné par Pessin soit un jardin particulier et que ceux évoqués précédemment soient des jardins publics.
Le jardin, aux origines difficiles à préciser, lieu de l'union du naturel et de l'artificiel, répond à des besoins humains, ce qui transparaît dans les différentes fonctions qu'il assume.

Deuxième partie non reproduite.

[conclusion objective]
L'origine des jardins, très ancienne, est donc difficile à dater . Toutefois, elle est liée à l'apparition des techniques qui a permis de réunir en un seul lieu le naturel et l'artificiel et de donner ainsi naissance à différents types de jardins. Le jardin peut alors se concevoir comme une inscription de la civilisation dans la nature, idée qui se confirme dans l'étude des foncions pédagogiques et esthétiques de cet espace voué au loisir.

[conclusion personnelle]
Quelques pistes à exploiter:
- le point de vue oriental n'est pas présenté dans le dossier
- il s'agit dans le dossier des jardins ornementaux, non des jardins potagers
- Les fonctions sont-elles les mêmes aujourd'hui ? Dans d'autres civilisations que la nôtre ?
· les parcs à thèmes ou de loisir remplissent la fonction de divertissement qui incombait au jardin auparavant
· Les jardins en ville ont une nouvelle fonction : fonction écologique (protection de certaines espèces, verdure dans la ville…)
· fonction religieuse des jardins japonais…
- influence des autres cultures (orientales par exemple) sur l'esthétisme des jardins Européens
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