SYNTHÈSE DE DOCUMENTS

Document 1 : François de Closets, La Grande Manip, 1990.
Document 2 : Fabienne Simon, enquête réalisée par la SOFRES, juin 2000.
Document 3 : Jean-Claude Held, "Une passion dévoyée", Courrier de l'Unesco "Le mythe de l'automobile", octobre 1990.
Document 4 : Françoise Sagan, extrait de Avec mon meilleur souvenir, 1984. Document 5 : Dessin de Claude Serre, L'Automobile, 1982.

DOCUMENT 1

Si je vous parle d'une mesure qui brime arbitrairement la liberté et s'accompagne d'une insupportable répression, vous ne pouvez que partager mon indignation. Ce serait même le bon moment pour vous mettre une pétition sous le nez et un stylo dans la main. Refuseriez-vous de signer au risque de passer pour un nostalgique de l'Etat totalitaire ? Voilà, vous venez de réclamer la suppression des limitations de vitesse. Car c'est au nom des droits de l'homme et du citoyen réunis que le lobby(1) de l'automobile mène son combat et réussit à convaincre des millions d'automobilistes qui, à vrai dire, ne demandent qu'à l'être. Et pourtant…
Toutes les études prouvent que la vitesse constitue, et de loin, la première cause des accidents et qu'il ne sert à rien de lancer des campagnes de sécurité routière si l'on ne commence pas par la limiter. Seule une nécessité incontournable peut contraindre tous les gouvernements à prendre une mesure aussi impopulaire. Car les automobilistes aiment à conduire vite et sont tout disposés à croire qu'il s'agit là d'un plaisir innocent. Les constructeurs, relayés par les différentes associations et l'ensemble de la presse spécialisée, ne manquent pas d'argumenter contre cette "intolérable brimade". Mais leurs plaidoyers résistent mal à l'évidence des faits. Comment contester que l'apparition des limitations de vitesse a brutalement fait baisser le nombre de morts et que, par conséquent, leur suppression le ferait de nouveau augmenter ? C'est alors que les chantres(2) du 200 kilomètres à l'heure jettent dans la balance l'argument décisif : l'atteinte à la liberté individuelle.
Ayant consacré une émission à la sécurité routière - et, par conséquent, au respect des limitations de vitesse -, je fus submergé par des protestations d'automobilistes "rapides". Et sans cesse revenait la référence à ces grands principes : "Vous êtes incapable de concevoir un monde de liberté et de responsabilité", "Vous voulez nous faire vivre dans une société policière. Vous ne pensez qu'à la répression". Un boulimique de kilomètre-heure me lança même : "C'est la Roumanie - celle de Ceausescu bien sûr - que vous voulez" ! Le droit d'écraser l'emportait que celui de n'être pas écrasé. Une perversion des valeurs dont bien des correspondants n'étaient sans doute qu'à demi conscients. Tous nos Prost de la départementale se transformaient en Gandhi de la désobéissance civique, en combattants de la liberté face à l'oppression gendarmesque.
Pour surmonter les évidences rationnelles et la crainte de l'accident, il suffit de jeter dans la balance la défense des libertés en premier lieu, mais également la valorisation personnelle. Les partisans de la vitesse font partie des 70 % des Français qui se jugent "bons conducteurs". Le refus des limitations devient alors une affirmation de cette compétence indémontrée […]. La limitation heurte la vanité du conducteur, la chose de la route la mieux partagée ; la sanction, elle, agresse nos libertés chéries. Le cinémomètre-radar(3) devient un engin totalitaire et nos chauffards se transforment en victimes de l'autoritarisme.

François de Closets, La Grande Manip, 1990.

(1) lobby : groupe de pression
(2) chantres : ceux qui font l'éloge
(3) cinémomètre-radar : appareil qui sert à mesurer la vitesse

DOCUMENT 2

"Il bondit jusqu'au ciel ! Quand je le monte, je plane !" Et encore : "Mon cheval est ma maîtresse…" C'est dans Henry V, de William Shakespeare. Le Dauphin de France, un imbécile vaniteux, délire sur son destrier, à la veille de la bataille d'Azincourt.
Le cheval, alors qu'il va être question de chevaux-vapeur ? Remonter à la guerre de Cent Ans pour décortiquer la modernité ? Normal. La vitesse hante depuis toujours notre imaginaire, surtout celui des mâles avides de prolonger leurs petites jambes avec des bottes de sept lieues. Dévorer l'espace terrestre, depuis les chars de Pharaon(1) jusqu'à la diligence de la Chevauchée fantastique(2), c'est une prétention immémoriale. La litanie shakespearienne du Dauphin fou de cheval se psalmodie encore aujourd'hui, presque mot pour mot, dans les bars de Rome, de Paris ou de Kansas City. Sauf qu'il s'agit de Porsche ou de Ferrari.
L'automobile a exaspéré cette hantise, elle l'a rendue universelle. Une route, quatre roues, un volant, et sous le capot, une force surhumaine que le bout du pied droit peut déchaîner : c'est bien plus que le parcours d'un point à un autre - un sentiment très fort, un idéal d'évasion loin des pesanteurs matérielles et collectives. L'espace est dominé. Le temps est maîtrisé. Le cheval, lui, était dominé par la nature. L'automobile, au contraire, est un produit intégralement humain, une volonté manufacturée. Jamais objet n'a été aussi richement chargé de sens. La littérature, le cinéma et même l'art moderne en font leurs choux gras. L'auto caractérise l'homme, et inversement. Si demain, après un cataclysme nucléaire, quelque habile archéologue découvre une collection de voitures épargnées au fond d'un garage-mausolée, il pourra en déduire tout ce que nous fûmes. […]
L'objet-auto devient standard. Oui, mais pas la manière de s'en servir. Dis-moi comment tu conduis, je te dirai qui tu es. Il y a au volant, des clivages individuels selon les tempéraments. Selon les sexes aussi : plus détachées, les femmes sont sur la route moins redoutables que les hommes, avides de suprématie. Mais surtout, la conduite est un test de civilisation. Les Italiens, les Allemands, les Français ou les Anglais ont des styles respectifs, où se reflète leur morale. Les nations plus récemment acquises à l'auto se donnent peu à peu une doctrine. Au contraire, à part quelques foucades(3) du genre ganster ou James Dean, les Américains, mieux rôdés, brûlent peu de libido sur l'autoroute. Cependant, d'un bout du monde à l'autre, apprivoisés ou non, les fantômes ne sont jamais loin.
Un homme rêve qu'il pilote un cabriolet rouge au long capot puissant. Une côte se présente, jusqu'à l'horizon. Voilà que le moteur cafouille, ratatouille. Le rêveur s'éveille trempé de sueurs d'angoisse. Pas la peine d'avoir lu Freud pour découvrir la clé libidinale du songe ! Les psychanalystes savent bien quelle place tient l'auto dans notre paysage inconscient. L'homme s'identifie à cet instrument de puissance, il y étend l'espace de sa personne. Toucher à son corps de métal, c'est l'agresser ; faire obstacle à sa trajectoire, c'est une atteinte castratrice à la toute-puissance de son Moi.
Passe encore que l'auto soit ainsi érotisée ; dans toutes les civilisations converties à l'Occident, elle est objet de séduction comme ailleurs les cornes du cerf, la crinière du lion ou les plumes du paon. Mais là où tout se gâte, où les cadeaux amoureux de l'auto deviennent empoisonnés, c'est quand le mariage tourne mal - quand les frustrations, réelles ou imaginaires, de l'homme envahissent la machine pour en faire un recours, une compensation, voire une arme. C'est fréquent. La place de l'auto est tellement envahissante dans le rêve de chacun, qu'on pouvait bien s'attendre à le voir inversé en cauchemar. Il arrive qu'un conducteur exaspéré par le défi de son ennemi, l'homme de l'autre voiture, passe des insultes aux voies de fait, ou qu'il exécute pour se "venger" des manœuvres dangereuses, des agressions mortelles auxquelles il n'oserait même pas penser une fois redevenu piéton et civilisé. Les enfants hurlent de terreur, la sirène des ambulances retentit ? Tant pis ou tant mieux, je fonce, je double, ça passe ou ça casse.
On peut être passionné d'automobile, y voir le plus merveilleux des jouets jamais imaginés par l'homme, et se poser, aujourd'hui surtout, quelques questions. La mariée est devenue trop belle - elle tend à se transformer en mégère, en marâtre, en vampire. Les raisons de cette terrible métamorphose sont assez claires, même si les remèdes, eux, restent problématiques.
Quand il se réalise, le rêve tient rarement ses promesses. Du temps des Bugatti, disons entre les deux guerres mondiales, l'auto était pour le commun des mortels un idéal inaccessible. L'auto nous était promise, pour demain ; elle était due ; elle apporterait la liberté, le statut individuel jusque-là réservé à la bourgeoisie, le bonheur. Et puis, avec vingt ans de retard sur le Nouveau Monde, l'Occident enrichi a enfin gagné "ses" voitures. Hélas, quand tout le monde est privilégié, il n'y a plus de privilège. Les individus au volant son devenus foule : ils le supportent mal. Le désenchantement né de l'excès engendre de redoutables névroses collectives. Elles sont passées dans les mœurs.

Jean-Claude Held, "Une passion dévoyée", Courrier de l'Unesco "Le mythe de l'automobile", octobre 1990.


(1) allusion biblique aux chars de Pharaon lancés à la poursuite des Hébreux conduits hors d'Egypte par Moïse, et engloutis dans la mer Rouge qui se referma sur eux.
(2) Film du réalisateur américain John Ford
(3) Caprices, emportements passagers

DOCUMENT 3

Contrairement à ce qu'on pourrait croire, les tempo de la vitesse ne sont pas ceux de la musique. Dans une symphonie, ce n'est pas l'allegro, le vivace ou le furioso qui correspond au deux cents à l'heure, mais l'andante, mouvement lent, majestueux, sorte de plage où l'on parvient au-dessus d'une certaine vitesse, et où la voiture ne se débat plus, n'accélère plus et où, tout au contraire, elle se laisse aller, en même temps que le corps, à une sorte de vertige éveillé, attentif, et que l'on a coutume de nommer "grisant". Cela se passe la nuit sur une route perdue, et parfois le jour dans des régions désertes. Cela se passe à des moments où les expressions "interdiction", "port obligatoire", "assurances sociales", "hôpital", "mort", ne veulent plus rien dire, annulées par un mot simple, utilisé par les hommes à toutes les époques, à propos d'un bolide argenté ou d'un cheval alezan : le mot "vitesse". Cette vitesse où quelque chose en soi dépasse quelque chose d'extérieur à soi, cet instant où les violences incontrôlées s'échappent d'un engin ou d'un animal redevenu sauvage et que l'intelligence et la sensibilité, l'adresse - la sensualité aussi - contrôlent à peine, insuffisamment en tout cas pour ne pas en faire un plaisir, insuffisamment pour ne pas lui laisser la possibilité d'être un plaisir mortel. Odieuse époque que la nôtre, celle où le risque, l'imprévu, l'irraisonnable, sont perpétuellement rejetés, confrontés à des chiffres, des déficits ou des calculs ; époque misérable où l'on interdit aux gens de se tuer non pour la valeur incalculable de leur âme, mais pour le prix d'ores et déjà calculé de leur carcasse.
En fait la voiture, sa voiture, va donner à son dompteur et son esclave la sensation paradoxale d'être enfin libre, revenu au sein maternel, à la solitude originelle, loin, très loin de tout regard étranger. Ni les piétons, ni les agents, ni les automobilistes voisins, ni la femme qui l'attend, ni toute vie qui n'attend pas, ne peuvent le déloger de sa voiture, le seul de ses biens, après tout, qui lui permette une heure par jour de redevenir physiquement le solitaire qu'il est de naissance. Et si, en plus, les flots de la circulation s'écartent devant sa voiture comme ceux de la mer Rouge devant les Hébreux, si en plus les feux rouges s'éloignent les uns des autres, se raréfient, disparaissent, et si la route se met à osciller et à murmurer selon la pression de son pied sur l'accélérateur, si le vent devient un torrent par la portière, si chaque virage est une menace et une surprise et si chaque kilomètre est une petite victoire, alors étonnez-vous que de paisibles bureaucrates promis à des destins brillants au sein de leur entreprise, étonnez-vous que ces paisibles personnes aillent faire une belle pirouette de fer, de gravier et de sang mêlés dans un dernier élan vers la terre et un dernier refus de leur avenir. On qualifie ces sursauts d'accidentels, on évoque la distraction, l'absence, on évoque tout sauf le principal qui en est justement le contraire, qui est celle subite, insoupçonnable et irrésistible rencontre d'un corps et de son esprit, l'adhésion d'une existence à l'idée brusquement fulgurante de cette existence : "Comment, qui suis-je ? Je suis moi, je vis ; et je vis ça, et j'y vais à 90 kilomètres à l'heure dans les villes, 110 sur les nationales, 130 sur les autoroutes, à 600 à l'heure dans ma tête, à 3 à l'heure dans ma peau, selon toutes les lois de la maréchaussée, de la société et du désespoir. Quels sont ces compteurs déréglés qui m'entourent depuis l'enfance ? Quelle est cette vitesse imposée au cours de ma vie, de mon unique vie?…"

Françoise Sagan, extrait de Avec mon meilleur souvenir, 1984.

DOCUMENT 4

LE RESPECT DE LA REGLE : ATTITUDES ET COMPORTEMENTS AU VOLANT
Le 28 juin 2000 - L'enquête réalisée pour le compte dela Direction de la Sécurité Routière du Ministère de l'Équipement, du Logement et des Transports montre que si les titulaires du permis de conduire légitiment, dans leur discours, le respect de la règle, certains s'en affranchissent, préférant suivre un " code de sécurité personnel " plutôt que le code de la route. Dans ce contexte, le dépassement des vitesses autorisées apparaît comme exemplaire des dérogations à la règle que s'autorisent certains automobilistes et un comportement toléré voire banalisé. Enfin, la méconnaissance des sanctions par les automobilistes ne peut qu'accroître certains comportements transgressifs, et justifie à elle seule les campagnes de communication, qui ne sont qu'un des facteurs influant sur les comportements, et dont les messages méritent d'être répétés.
Quatre catégories de conducteurs

A partir d'une échelle de notation, les automobilistes ont été invités à signifier ce qu'ils considéraient comme étant un bon conducteur, c'est à dire s'ils privilégient " l'adaptation aux conditions de circulation " ou " le respect des règles du code de la route ". Les réponses obtenues rendent compte de jugements extrêmement balancés, (la note moyenne s'établissant à 5,9) et permettent de distinguer quatre catégories de conducteurs extrêmement différents à la fois sociologiquement mais aussi dans leurs comportements de conduite : " les très transgressifs ", " les plutôt agressifs ", " les plutôt normatifs " et " les très normatifs ".
" Les très transgressifs " sont les plus réfractaires au respect des règles en matière de conduite automobile. Ils représentent plus du quart de la population des conducteurs (27%) et se caractérisent de la manière suivante : ce sont plutôt des hommes (30% d'entre eux contre 24% des femmes), plutôt jeunes ( 41% des 18-24 ans contre 17% des personnes âgées de plus de 65 ans) jouissant d'une position sociale moyenne ou élevée (44% des cadres, 30% des professions intermédiaires, 25% des ouvriers), plutôt Franciliens ( 33% contre 26% des résidants en province), plutôt " gros rouleurs " (au-delà de 15 000 km par an) et qui ont été davantage exposés à des sanctions (41%).
La catégorie des " plutôt transgressifs ", qui concerne 21% de la population des automobilistes, regroupe essentiellement des personnes âgées de 35 à 49 ans (24%), des professions intermédiaires (26%), qui conduisent plutôt occasionnellement (28% conduisent moins de 2 à 3 fois par semaine), même s'ils disposent de véhicules relativement puissants ( 28% possèdent un véhicule de plus de 8 chevaux).
Regroupant 36% des conducteurs, les traits distinctifs du profil des " plutôt normatifs " sont le sexe (38% des femmes contre 33% des hommes), l'âge (40% des personnes âgée de 50 à 64 ans), le fait d'habiter dans une ville moyenne ( 52% des habitants de villes de 20 000 à 100000 habitants) de province (38% contre 24% de Franciliens).
Enfin, les " très normatifs " sont un sous-groupe minoritaire (16% de la population totale), composé essentiellement de personnes âgées (28% des personnes âgées de plus de 65 ans)
Au-delà de la caractérisation de ces différents types, ce qu'il faut surtout retenir, c'est que les réponses à cette question constituent sans conteste le facteur le plus explicatif de l'ensemble du sondage. […]
La vitesse : le maillon faible
Le cas de la vitesse mérite d'être traité à part tant il est à la fois emblématique du processus de dérogation des automobilistes à l'égard des règles du code de la route mais aussi spécifique en ce que l'irrespect des limitations de vitesse apparaît sans conteste comme le comportement le mieux toléré et le plus banalisé.
Tout d'abord, les écarts à la règle en matière de vitesse sont jugés inadmissibles par moins d'un conducteur sur deux, et ce, quelle que soit la situation (ville, départementale, nationale, autoroute) et surtout, quel que soit l'excès de vitesse testé (de +20km/h à + 50km /h par rapport à la limitation en vigueur). Les résultats obtenus sont éloquents et témoignent fortement de la constitution de la vitesse comme valeur sociale et de son corollaire, à savoir la grande permissivité des conducteurs dans leur majorité sur ce point. Ainsi, 49% des automobilistes jugent inadmissible de " rouler à 170/ 180 km/h sur une autoroute ", les résultats suivent ensuite une courbe décroissante (44% pour " rouler à 70km/ h en ville ", 35% pour " rouler à 110/120 km/h sur une départementale ou une nationale " et 14% pour " rouler à 140/150 km/h sur une autoroute ").
Corrélativement, ces écarts à la règle sont avoués comme largement pratiqués et apparaissent paradoxalement, pour certains d'entre eux, comme constitutifs d'" une norme comportementale " :" rouler à 140/150 km/h sur une autoroute " (72% des automobilistes), " rouler à 110/120 km/h sur une départementale ou une nationale " (67%), " rouler à 70km/h en ville " (55%), " rouler à 170/ 180 km/h sur une autoroute " (31%).
Au total, un état de fait qui s'explique par la faible conscience du danger de la vitesse, les automobilistes jugeant que l'excès de vitesse est moins dangereux en lui-même qu'étroitement tributaire de l'expérience du conducteur et de la situation donnée. Ainsi seuls 21% des automobilistes estiment dangereux de " rouler à 170/ 180 km/h sur une autoroute ", contre 79% qui pensent que " cela dépend surtout du conducteur et de la situation ".
Autant d'éléments qui témoignent de l'extrême difficulté à faire passer le message du danger de la vitesse excessive et du chemin qu'il reste à parcourir dans ce domaine : ainsi, 32% des automobilistes estiment que " le nombre d'accidents baisserait peu ou pas du tout si tous les automobilistes respectaient scrupuleusement les limitations de vitesse ", contre 36% qui sont désormais convaincus que le nombre d'accidents " baisserait beaucoup ", le dernier tiers se situant dans une position intermédiaire en déclarant qu'il " baisserait assez ".
Des sanctions méconnues

Les sanctions encourues par les conducteurs obtiennent des scores de notoriété variables mais globalement faibles. Ainsi, 29% des automobilistes connaissent les peines encourues pour " le non-respect d'un feu rouge, d'un stop, d'un sens interdit ou d'une priorité ", contre 71% qui l'ignorent. Pour le grand excès de vitesse, la notoriété se situe également au niveau très bas de 33%. Comparativement, le message de la répression concernant la conduite avec une alcoolémie supérieure à 0,8 grammes est mieux passé, 37% des automobilistes connaissant les peines encourues dans ce cas. Il faut noter que ce sont les conducteurs les plus transgressifs, c'est à dire ceux qui avouent les comportements les moins respectueux des règles, qui connaissent le moins les sanctions qu'ils risquent.
Un déficit très net de notoriété qui semble plaider en faveur d'une information plus soutenue des automobilistes dans ce domaine.


Fabienne Simon, enquête réalisée par la SOFRES, juin 2000

DOCUMENT 5


Dessin de Claude Serre, L'Automobile, 1982.