SYNTHÈSE DE DOCUMENTS
Vous ferez de ces 5 documents une synthèse ordonnée dans laquelle vous essaierez d'examiner tous les aspects que l'activité du bricolage révèle chez l'homme aujourd'hui. Dans une brève conclusion vous préciserez lequel des aspects découverts dans votre étude parait le plus pertinent

Document 1 : Louis ARMAND, " Bienfaits du bricolage ", Simples propos, 1968.
Document 2 : COLETTE, Paris, de ma fenêtre, 1946.
Document 1 : Publicité BOSCH.
Document 1 : Serre, Le Bricolage, 1997.

Voir le corrigé

DOCUMENT 1

Au carrefour du loisir et de l'utilité se situe le bricolage. Qui dit loisir ne dit pas forcément détente : la preuve du contraire saute aux yeux sur les routes, tous les dimanches. Mais le bricolage entraîne indiscutablement une détente et il est intéressant de déterminer pour quelles raisons.
Chez les intellectuels, parce qu'il prend figure de travail manuel et contraste ainsi avec leurs occupations habituel-les.
Chez les manuels, parce que l'ouvrier, qui ne fabrique bien souvent qu'une seule partie d'un tout, trouve dans le bri-colage l'occasion de faire un ensemble, et surtout parce qu'il travaille sans patron.
A ces constatations d'ordre sociologique s'ajoute une notion psycho-physiologique.
De même que le rêve, pendant lequel les circuits électriques du cerveau promènent des électrons en liberté un peu partout, est l'essentiel du repos dans le sommeil, le bricolage nous procure le repos à l'état de veille en faisant fonc-tionner en nous toute une série de circuits cérébraux que nous utilisons très peu et en permettant ainsi au cerveau de se dépolariser, de s'équilibrer.
Je voudrais que les psychologues élucident la question de savoir s'il n'y a pas beaucoup plus de équilibrés chez ceux qui bricolent que chez les autres. Je parierais que oui, pour ma part.
Vous vous souvenez qu'un humoriste se demandait si c'était le cerveau qui avait obligé la main à se développer ou bien l'inverse. Eh bien, si l'on affirme aujourd'hui que la main a contraint le cerveau à se développer, les effets du bricolage n'y sont peut-être pas étrangers.
Le bricolage nous oblige à nous battre avec le réel et nous enseigne ainsi une sorte de modestie, car on s'aperçoit, en bricolant, qu'il est beaucoup plus difficile qu'on le croit de réaliser quelque chose avec ses mains. Cette constatation vient tempérer les idées orgueilleuses des adolescents qui n'ont fait qu'étudier dans les livres.
Beaucoup plus de gens seraient aptes à comprendre le réel s'ils étaient déniaisés par ces travaux.
Dans les tests qu'elles font passer pour leurs embauchages, de grandes sociétés questionnent les candidats sur ce qu'on appelle les 35 hobbies et elles prétendent qu'elles en déduisent bien des indices intéressants sur la personnalité de l'individu. A cet égard, le bricolage est considéré comme l'un des tests les plus instructifs.
Le bricolage est tonique parce qu'il reçoit dans la vie familiale la sanction de compliments dont l'être humain a tout autant besoin que le cheval de tapes sur l'encolure. Sans eux il se débilite.
Entre une femme qui peine, dans sa cuisine, à fricoter un civet pour son mari et celle qui se borne à ouvrir pour lui les meilleures boîtes de conserve, on peut désigner sans peine celle qui détient les meilleures chances de s'attirer des compliments.
La maîtresse de maison en a d'autant plus besoin qu'ils contribuent à rétablir un équilibre compromis par les appa-reils ménagers. Une enquête faite en Grande-Bretagne a montré que plus une femme avait à sa disposition d'auxiliai-res mécaniques, électriques, etc., plus elle devait prendre de pilules pour dormir.
Pour l'homme, le bricolage est une mine inépuisable de compliments car il lui permet de faire chez lui quantité de petits travaux pour lesquels sa femme ne trouve plus aucune main-d'œuvre ailleurs.
Le bricolage est une distraction active, et j'insisterai sur ce point, voici pourquoi.
Dans la civilisation de l'abondance et de la réduction du travail physique - où l'Amérique s'est installée et où les au-tres pays cherchent à s'introduire - les adolescents sont environnés par un monde dans lequel l'effort est devenu beau-coup moins apparent qu'autrefois. Il était, pour ainsi dire, la langue maternelle de toutes les générations qui ont précé-dé la leur, et cette langue, ils ne l'apprennent évidemment plus quand ils voient une machine à laver le linge à la place de leur mère.
Les distractions mêmes de la jeunesse sont, pour une grande part, devenues passives : naguère, par exemple, si un enfant voulait se familiariser avec la musique, le meilleur moyen d'y parvenir était d'apprendre à jouer lui-même d'un instrument, c'est-à-dire de faire quelque chose d'actif, tandis qu'à présent il lui suffit de demander à son père d'acheter un électrophone et les disques qu'il souhaite entendre.
Le bricolage est, à cet égard, pour la jeunesse un excellent antidote contre les méfaits de l'inactivité.

Louis ARMAND, " Bienfaits du bricolage ", Simples propos, 1968.

DOCUMENT 2


- La sonnerie de l'entrée remarche. A présent, je vais t'arranger ton appareil téléphonique.
Le professeur au Conservatoire ne fait point de promesse qu'il ne tienne. Assis par terre, en tailleur, il tire de ses po-ches un outillage réduit, travaille, démonte, dévisse et visse. J'ai sous les yeux le type accompli du bricoleur conscient et virtuose.
- C'est joli, ces petits outils à manche noir. Passe-m'en un. D'où les as-tu, Wague?
- Ça? Des bijoux! C'est une petite série des outils que les ouvriers de Bréguet fabriquaient eux-mêmes pour l'exer-cice de leur métier, autrefois. Regarde le manche à six pans, en ébène véritable. Et le petit manchon de cuivre qui relie le manche à la gouge d'acier. C'est l'amour d'un métier qui enfantait tout ça.
Un bricoleur est rarement indemne de poésie. La France entière est bricoleuse. Une rêverie inventive, un art person-nel ont seuls pu créer le petit ciseau à froid que j'ai trouvé un jour, emmanché de cuivre cannelé, bien en main, gravé d'arabesques, honoré d'ornements comme un bibelot chinois. Son propriétaire, qui devait être en même temps son auteur, a dû le regretter.
Adroit, touche-à-tout, indiscret, artiste, industrieux, modeste au fond, vantard en surface...
Si je fais le portrait du bricoleur-type, je fais celui du Français.
Le bassin du Palais-Royal est vide, depuis des mois. Max, qui a douze ans cette année, est forcé d'aller jusqu'aux Tuileries - il me l'a dit ce matin avec contrariété - pour essayer son " bateau qui marche ". L'objet est curieux, entiè-rement fourni par deux boîtes à sardines, deux bobines en bois, un arbre de couche et un frein en fil de fer; deux bra-celets de caoutchouc, tordus sous la quille, en se détordant servent de propulseurs. Je me suis fait expliquer la marche du jouet.
- Ce n'est pas un jouet, c'est une maquette, dit Max vexé.
Mon constructeur naval ne s'appelle encore que Max. Max qui ? Attendez. Attendons. Peut-être qu'il s'appellera quelque chose comme Max Niepce, ou Max Lumière... Ce sont des noms de bricoleurs de génie.

COLETTE, Paris, de ma fenêtre, 1946


DOCUMENT 3

Texte de la publicité BOSCH
Au départ, il voulait simplement accrocher son tableau favori
L'innovation inspire les créateurs: la perceuse à percussion sans fil PSB 9,6 VE de BOSCH est totale-ment indépendante d'une prise de courant. Elle possède une accélération progressive jusqu'à la vitesse sélectionnée pour une amorce de perçage précise et une inversion du sens de la rotation pour visser et dévisser. Outil de qualité comme tous les outils BOSCH, la perceuse à percussion sans-fil PSB 9,6 VE perce le bois et le métal, mais aussi la pierre avec précision et sans effort en position percussion. Toutes ces performances vous permettent de dépasser de loin ce qui au départ n'était qu'un simple projet. Vous êtes utilisateur de vos outil ou vous avez l'intention de le devenir ; BOSCH met à votre disposition un service : le Conseiller BOSCH
Pour toute information ou conseil d'utilisation sur nos produits, appelez le Conseiller BOSCH
(N ° vert.- 05.05.50.5 1 /appel gratuit).
BOSCH DU TRAVAIL DE PRO

DOCUMENT 4

Serre, Le Bricolage, 1997